L'IRT Jules Verne, partenaire R&D de la filière BTP
Le secteur du BTP doit aujourd’hui répondre à plusieurs défis : améliorer la sécurité et les conditions de travail sur les chantiers, gagner en productivité dans un contexte de tensions persistantes sur les compétences et poursuivre sa transition environnementale.
Ces enjeux concernent un secteur dont les conditions de production sont particulières : contrairement à une usine, un chantier évolue en permanence, avec des configurations, des contraintes d’accès et des environnements de travail qui changent au fil de son avancement. L’automatisation et la robotisation doivent donc pouvoir s’adapter à ces conditions spécifiques.
La transition environnementale constitue également un enjeu majeur pour la filière. Elle concerne la performance énergétique des bâtiments, mais aussi les matériaux, les modes constructifs et plus largement les pratiques de construction.
C’est sur certains de ces enjeux que l’IRT Jules Verne met à profit des compétences développées dans d’autres secteurs industriels, notamment en robotique et en automatisation.
- Améliorer la sécurité et les conditions de travail sur les chantiers
- Gagner en productivité dans un contexte de tension sur les compétences
- Accélérer la transition environnementale du secteur
Améliorer la sécurité et réduire la pénibilité sur les chantiers
Les métiers du BTP restent exposés à des conditions de travail exigeantes : manutention de charges, gestes répétitifs, travail en hauteur ou interventions dans des environnements complexes. Réduire la pénibilité et l’exposition aux risques constitue donc un enjeu important pour la filière, à la fois pour améliorer les conditions de travail et renforcer l’attractivité des métiers.
La mécanisation, l’automatisation et la robotisation de certaines opérations offrent des pistes pour limiter l’intervention humaine sur les tâches les plus contraignantes ou dangereuses.
Gagner en productivité dans un secteur confronté aux tensions de recrutement
Le BTP reste confronté à des difficultés de recrutement sur de nombreux métiers. En 2026, 65,2 % des projets de recrutement dans la construction sont jugés difficiles à pourvoir selon France Travail.
Dans ce contexte, les entreprises doivent à la fois maintenir leurs capacités de production et faire évoluer leurs méthodes de travail. L’automatisation peut notamment permettre de prendre en charge certaines tâches répétitives ou contraignantes, tout en recentrant l’intervention des opérateurs sur les opérations nécessitant davantage de savoir-faire.
Réduire l’empreinte environnementale de la construction
Le bâtiment représente encore 15 % des émissions brutes de gaz à effet de serre en France. La décarbonation du secteur passe par la rénovation et l’amélioration de la performance énergétique des bâtiments, mais aussi par l’évolution des matériaux et des modes constructifs.
Pour les acteurs de la filière, l’enjeu est de réduire l’impact environnemental de la construction tout en maintenant les exigences de coût, de qualité et de performance.
TITANBOT : automatiser les tâches fastidieuses et dangereuses des chantiers complexes
Le transport de matériels et d'outils dans de grands volumes de travail reste, sur de nombreux chantiers, une tâche fastidieuse ou dangereuse, réalisée dans des environnements complexes et souvent contraints. L'automatisation de ces opérations constitue un levier direct d'amélioration de la sécurité et des conditions de travail des opérateurs.
C'est l'ambition du projet TITANBOT (ANR-23-DMRO-0020), qui développe des robots parallèles à câbles capables de fonctionner en mode autonome ou coactif. Chez VINCI Energies France, une première application vise le transport de matériel vers les étages d'un bâtiment en construction à l'aide d'une benne mobile, avec un déversement automatique sur une plateforme sécurisée et facilement accessible, le tout conçu pour être démonté et remonté facilement au fil des phases du chantier.
Le projet développe également un logiciel de conception de robots parallèles à câbles, des lois de commande garantissant cadence, précision et sécurité, des techniques de calibration des paramètres mécaniques, ainsi que des modèles de prédiction du comportement humain pour améliorer l'acceptabilité et l'ergonomie de ces systèmes auprès des opérateurs.
Lancé en décembre 2024 pour une durée de 30 mois, le projet doit aboutir à deux démonstrateurs courant 2026, avant un rapport d'évaluation final prévu en 2027.
Des compétences industrielles et académiques réunies autour de TITANBOT
TITANBOT rassemble, autour de l'IRT Jules Verne, un consortium qui combine recherche académique et expertise industrielle :
- VINCI Energies, sur le transport de matériel en milieu de chantier, et Actemium, filiale de VINCI Energies spécialisée dans l'automatisation industrielle ;
- le CETIM, sur l'expertise mécanique et robotique ;
- Orano, sur l'automatisation du contrôle radiologique en milieu nucléaire, une application connexe menée dans le même projet ;
- le LS2N et le LIRMM, sur la conception des robots parallèles à câbles.
Ce projet est financé par l'État dans le cadre de France 2030, au titre de l'appel à projets Défi Transfert Robotique piloté par l'Agence Nationale de la Recherche.