L'IRT Jules Verne, partenaire R&D de la filière navale
Naval Group et les Chantiers de l’Atlantique, deux fleurons de la construction navale française, comptent parmi les 8 partenaires industriels fondateurs de l’IRT Jules Verne.
Cet ancrage au cœur de la gouvernance de l’Institut traduit une conviction partagée : l’innovation collaborative est un levier déterminant pour la compétitivité de la filière navale française, aussi bien civile que défense, dans un secteur marqué par une forte concurrence européenne et asiatique et où les enjeux de souveraineté sont plus que jamais au premier plan.
Cette implication se retrouve dans l’écosystème élargi de l’IRT Jules Verne, qui réunit également Bénéteau, Bureau Veritas, SNEF ou encore SMAF (filiale de Chantiers de l’Atlantique dédiée aux mâts composites).
La filière navale doit faire face à plusieurs impératifs à la fois : rester compétitive face à une concurrence internationale forte, réduire ses coûts et ses délais de fabrication sur des pièces et des structures de grandes dimensions, répondre à une pénurie de compétences sur certains métiers critiques (notamment sur les métiers de la soudure) et engager la décarbonation du transport maritime, qui représente à lui seul plus de 80 % des échanges mondiaux et près de 3 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
Pour répondre à ces défis, l’IRT Jules Verne développe, avec les constructeurs du secteur et leurs sous-traitants, de nouveaux procédés de fabrication et des solutions robotisées innovantes, en mobilisant ses expertises en robotique, procédés composites et métalliques, simulation et contrôle non destructif.
- Gagner en performance industrielle et en compétitivité
- Maintenir les capacités face aux tensions sur les compétences
- Décarboner le transport maritime
- Répondre aux enjeux de souveraineté et du naval de défense
Gagner en performance industrielle: réduire les coûts et les délais de fabrication
Les constructions navales mobilisent des opérations de fabrication et d'assemblage complexes, souvent réalisées sur des pièces ou des structures de grandes dimensions, avec des contraintes fortes de qualité, de délais et de coûts. L'IRT Jules Verne travaille en partenariat avec les constructeurs du secteur naval et leurs sous-traitants afin de développer de nouveaux procédés de fabrication capables d'améliorer l'efficacité des opérations et de réduire les temps de production.
Le projet ASPEN illustre cette ambition. Mené avec Les Chantiers de l'Atlantique, Naval Group, Europe technologie, le CETIM et le CNRS (LS2N), il vise à automatiser la réalisation d'un cordon de soudure simple sur des panneaux plans de grande dimension à l'aide d'une solution d'assemblage cobotisée. L'enjeu : maîtriser le poids du cobot embarqué, réduire les cycles de production et diminuer la pénibilité des opérations de soudage.
Cette même exigence de performance guide les travaux conduits avec Naval Group, à l'image d'un outil d'aide à la décision fondé sur la simulation numérique de l'emboutissage à froid de tôles métalliques de grandes dimensions et de fortes épaisseurs, pour fiabiliser la mise au point des procédés de formage.
Maintenir les capacités de production face aux tensions sur les compétences
La filière navale fait face à un déficit de main-d'œuvre marqué sur certains métiers industriels, au premier rang desquels la soudure. Une tension qui pèse directement sur la capacité de production des chantiers navals.
L'IRT Jules Verne développe des solutions robotisées autonomes pour accompagner les industriels face à ces difficultés de recrutement. Il ne s’agit pas seulement d’automatiser des gestes industriels ou réduire la pénibilité de certaines tâches : ces technologies permettent aussi de recentrer l'activité humaine sur des tâches à plus forte valeur ajoutée (supervision, réglage, contrôle, pilotage des procédés).
Par exemple, le projet ASPEN, a contribué à maturer des technologies robotiques de soudage qui, combinées aux résultats des projets antérieurs CHAMBORD et CHARMAN, ont depuis été transférées vers un robot mobile aujourd'hui commercialisé par Servisoud, filiale du groupe Europe Technologies pour l'industrie de la construction. Une illustration de la capacité de l'IRT Jules Verne à faire essaimer une technologie d'une filière à l'autre.
Les résultats : une réduction du temps de soudage de 20 % dans certaines configurations et plus de 8 M€ de commandes enregistrées pour Servisoud.
Décarboner le transport maritime : faire émerger de nouvelles solutions industrielles
Le transport maritime représente plus de 80 % des échanges mondiaux et près de 3 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Sa décarbonation est devenue un enjeu industriel à part entière pour la filière navale française, qui y voit aussi un relais de compétitivité et de souveraineté.
La propulsion vélique constitue l’une des voies explorées pour y répondre. L’IRT Jules Verne pilote depuis 2023 aux côtés de l’association Wind Ship, la structuration de cette filière. Après une première étude de faisabilité réunissant 32 acteurs du transport maritime, l’Institut a lancé fin 2025 le projet VENFFRAIS II. Doté d’un budget de 15,2 M€ sur cinq ans, il réunit 23 partenaires de la chaîne de valeur française autour d’un objectif commun : développer des méthodes et outils de référence pour mesurer, comparer et certifier la performance des systèmes véliques.
Cette dynamique s'accompagne déjà de premiers succès industriels concrets : la technologie de drapage automatisé issue de l'IRT Jules Verne a permis à SMAF, filiale des Chantiers de l'Atlantique, de commercialiser sa première machine de fabrication de mâts composites pour la technologie Solid Sail.
À l'échelle européenne, l'IRT Jules Verne a également contribué au projet FIBER4YARDS, qui a réuni 13 partenaires de 6 pays autour de l'usage des polymères renforcés de fibres dans la construction navale, avec un objectif d'optimisation des coûts de production et d'intégration des principes de l'usine 4.0.
Le projet NOMADE, mené avec Naval Group, Airbus et plusieurs partenaires industriels et académiques, complète cette dynamique en développant des solutions d'isolation pour le stockage embarqué d'hydrogène liquide, une brique technologique clé pour la propulsion navale de demain.
Répondre aux enjeux de souveraineté du naval de défense
Acteur industriel majeur du naval de défense, Naval Group conçoit, réalise, intègre, maintient en service et déconstruit des sous-marins et des navires de surface pour la Marine nationale et plusieurs marines internationales. Depuis 2012, l'IRT Jules Verne développe avec Naval Group un partenariat de confiance qui a donné lieu à plus de 30 projets collaboratifs et prestations de recherche, déployés sur les sites de Lorient, Indret, Cherbourg et Nantes.
Sur le contrôle qualité, le projet ICOME évalue plusieurs méthodes de contrôle non destructif (ultrasons, radiographie X) pour l'inspection de pièces composites hétérogènes et de forte épaisseur destinées à des structures navales militaires, avec un objectif clair : préparer une architecture d'inspection automatisée souveraine.
Dans le même esprit, le projet MONOCLE, mené avec Naval Group, iQanto, PCMI, Sicomin et Bureau Veritas Marine & Offshore, a permis de développer une méthodologie de monitoring en temps réel du procédé d'infusion de pièces composites de grandes dimensions, uniques ou quasi-uniques. Les résultats sont aujourd'hui transférés à l'atelier de Naval Group, et une suite avec MONOCLE 2, a été lancée avec Quantiflex Simulations et Phalanx pour un déploiement opérationnel en usine prévu fin 2027.
Sur l'assemblage de grandes structures, le projet HAPPY 2, mené avec Airbus, Naval Group, ACsystème, le CNRS (LS2N), IMT Atlantique et l'INRIA, a permis à Naval Group de réaliser des essais d'accostage à l'horizontal et d'emboîtement de pièces larges, pouvant peser plusieurs dizaines de tonnes, grâce à un système de positionneurs pilotés par capteurs visuels.
Les projets SmartRobot puis SmartRobot 2 explorent quant à eux la robotisation du soudage des varangues et des membrures de navires, tandis qu'AMATSUMARA vise à positionner en 3D, avec une tolérance inférieure au millimètre, des pièces métalliques longues et lourdes avant leur soudage par pointage.
Ces travaux s'accompagnent d'un transfert de compétences : l'IRT Jules Verne a conduit un module de formation ROS2 pour les équipes de Naval Group, et développé pour ce même partenaire un robot de décontamination automatique par lampe UV des espaces industriels, aujourd'hui protégé par un brevet.
Projets associés
Projet France 2030
Fiabiliser les procédés composites grâce au monitoring en temps réel
Le projet Monocle développe une solution innovante de monitoring en temps réel et d’aide à la décision pour sécuriser les procédés d’infusion de pièces composites de grandes dimensions.
Lire l'étude de cas
Projet France 2030
Automatiser l’assemblage précis de grandes structures grâce à l’asservissement continu
Les projets HAPPY et HAPPY2 développent des positionneurs légers et flexibles, pilotés par des mesures locales ou globales, pour manipuler et positionner de grandes pièces dans l’aéronautique et le naval de défense.
Lire l'étude de cas
« Le projet MONOCLE a permis de développer une solution de prototype de l'outil d'aide à l'opérateur et donne satisfaction. Un certain nombre de briques technologiques de pointe ont été développées dans un timing très serré et jugé ambitieux dès le début du projet. »En savoir plus
Incontestable dans un écosystème riche et structuré
L'ancrage de l'IRT Jules Verne dans la filière navale se lit dans sa gouvernance avec Naval Group et Chantiers de l'Atlantique. Il s'appuie également sur 4 partenaires académiques : le CNRS, Nantes Université, Centrale Nantes et le CETIM.
Au-delà de ce cercle fondateur, l'écosystème naval de l'IRT Jules Verne réunit des industriels complémentaires de toute taille :
- Construction navale civile et de défense : Bénéteau, Chantiers de l'Atlantique, Naval Group.
- Classification et services industriels : Bureau Veritas, SNEF.
- Course au large et propulsion vélique : SMAF, Den-Ran Gréement, Gunboat, Mer Concept, l'association Wind Ship.
Cette dynamique s'inscrit également dans les grands réseaux qui structurent la filière :
- le GICAN, qui fédère près de 750 entreprises représentant 82 % du chiffre d'affaires de l'industrie navale française ;
- le Pôle Mer Bretagne Atlantique, qui rassemble les acteurs académiques et industriels de l'économie maritime sur la façade atlantique ;
- le comité R&D de la filière maritime (CORIMER), où l'IRT Jules Verne siège aux côtés du GICAN, du Pôle de compétitivité industrielle EMC2, d’Ifremer et de France Energies Marines.
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Construction navale civile et de défense
NAVAL GROUP · LES CHANTIERS DE L'ATLANTIQUE · BENETEAU
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Classification et services industriels
BUREAU VERITAS · SNEF
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Course au large et propulsion vélique
SMAF · DEN-RAN GREEMENT · GUNBOAT · MER CONCEPT · WIND SHIP
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Réseaux & Pôles de compétitivités
GICAN · POLE MER BRETAGNE ATLANTIQUE · EMC2 · FRANCE ENERGIES MARINES
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Équipes académiques
NANTES UNIVERSITÉ · CNRS · IFREMER · CORIMER
Nos membres industriels clés de la filière navale.
NAVAL GROUP · CHANTIERS DE L'ATLANTIQUE
Ces industriels s’engagent pour co-construire sur plusieurs années la feuille de route technologique et programmatique de l’IRT Jules Verne, en lien avec les enjeux prioritaires de la filière. En devenant membre de l’IRT Jules Verne, vous activez concrètement des leviers stratégiques générateurs de valeur pour vous.
Deux projets phares dans la filière navale
Projet France 2030
Fiabiliser les procédés composites grâce au monitoring en temps réel
Le projet Monocle développe une solution innovante de monitoring en temps réel et d’aide à la décision pour sécuriser les procédés d’infusion de pièces composites de grandes dimensions.
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Projet France 2030
Automatiser l’assemblage précis de grandes structures grâce à l’asservissement continu
Les projets HAPPY et HAPPY2 développent des positionneurs légers et flexibles, pilotés par des mesures locales ou globales, pour manipuler et positionner de grandes pièces dans l’aéronautique et le naval de défense.
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